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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 15:21
Intervention de Marie-George Buffet à l'occasion de sa rencontre avec les syndicalistes à Montreuil, mardi 20 mars 2007

« Au cours d'un débat avec plus de 400 syndicalistes issus de cinq organisations syndicales différentes, 400 hommes et femmes travaillant dans tous les secteurs de la vie économique, j'ai pu vérifier combien ces salariés et ces fonctionnaires étaient partagés par une même ambition :
Devant les menaces qui pèsent sur l'avenir de leur métier, face à la dégradation de leurs conditions de travail, tous et toutes ont la même volonté d'être écoutés. Tous et toutes ont la même envie d'être utiles à leurs collègues comme au développement de leur métier. Tous et toutes montrent le même attachement à leur travail et à la reconnaissance de son utilité sociale.
Tous et toutes développent des propositions particulièrement riches pour leur entreprise.
Mais aucun n'est jamais véritablement entendu.
Aucun n'est entendu parce que trop souvent, le code du travail, les droits des salariés et de leurs représentants ne sont pas respecté.
Aucun n'est entendu parce que trop souvent, les choix de gestion de leurs entreprises ou de leurs services publics sont dominés par des logiques financières et comptables, à mille lieux des besoins économiques et sociaux de notre peuple.
Aucun n'est entendu, avec toutes les conséquences que l'on connaît : le démantèlement de notre industrie et des services publics, la baisse du pouvoir d'achat des salariés et de leurs familles, la désertification de régions entières touchées par des années de crise et de repli de l'Etat.

Cette situation doit cesser. Les actionnaires, les patrons, les serviteurs du grand capital ne peuvent continuer à décider seuls du sort de nos vies, de notre pays. La démocratie et la citoyenneté doivent rentrer dans l’entreprise comme l’entreprise doit être au cœur de la démocratie.

Dans cet esprit, je suis évidemment favorable à ce que toute loi concernant la modification du code du travail soit précédée par une négociation.
Mais les règles de la conclusion des accords doivent changer. La validité d'un accord social ne doit reposer que sur la règle de l'accord majoritaire en voix.
La définition de la représentativité des organisations syndicales et patronales doit être désormais fondée sur le résultat d'élections démocratiques.
Je sais qu'un débat existe quant au type d'élection qui doit être pris en compte. Ma position n'est pas fermée à ce propos. Ce qui importe est que le processus de mesure de la représentativité concerne tous les salariés, ceux des grandes entreprises comme ceux des PME, ceux du privé comme ceux de la fonction publique, qu'il permette d'établir une nouvelle situation de représentativité dans un délai raisonnablement court, qu'il atteste de l'implantation réelle des différentes organisations syndicales dans les entreprises et dans les branches.
Sur ces bases, nous examinons de manière ouverte les différentes propositions en présence et souhaitons que les organisations syndicales puissent elles-mêmes aboutir à une proposition rassembleuse.
A partir de cette démocratisation des relations sociales, je crois en la nécessité d'aller bien plus loin dans le rôle devant être reconnu aux organisations syndicales.
Les syndicats, et à travers eux les salariés, doivent disposer du pouvoir d'intervenir dans la définition des stratégies des entreprises. Ils doivent se voir reconnus un droit suspensif sur les licenciements collectifs avec la possibilité de présenter des propositions alternatives qui feront l'objet d'un processus de débat approfondi avec les directions d'entreprise mais aussi les territoires et l'Etat, les élus et les populations. Ils doivent être en mesure d'opposer aux stratégies financières de leurs directions des choix de développement durable de l'activité, de l'emploi, des salaires et de la recherche.
La reconnaissance de ces nouveaux pouvoirs constituerait un immense progrès démocratique. Mais elle aiderait aussi à fonder notre développement économique sur d'autres bases que celle des profits, de la rentabilité financière et du mépris des salariés.
C'est tout l'enjeu de cette campagne : continuer la fuite en avant dans le libéralisme et la destruction de notre économie, ou bien se donner les moyens nécessaires pour éradiquer le chômage et répondre enfin aux besoins humains. »

Marie-George Buffet, Candidate de la gauche populaire et antilibérale  Paris, le 19 mars 2007

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Published by Provost Francis - dans Election Présidentielle
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